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MAYOTTE : Ebola

today26 mai 2026 5

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le nouveau préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, a pris ses fonctions dans un contexte particulier ce lundi 18 mai, avec les craintes entourant la possibilité d’une importation du virus Ebola sur le territoire. « Le risque aujourd’hui est considéré comme très faible dans les organisations de santé, en particulier l’OMS« , rappelle le haut fonctionnaire, évoquant notamment « la durée du voyage conjuguée à la durée d’incubation entre deux et 21 jours » qui « limite le risque d’infection et de migrants qui viendraient illicitement » sur le territoire.

Si certains évoquent une durée de voyage de douze jours, « c’est matériellement impossible », réplique le préfet, sur la base des interrogatoires menés avec les migrants. « Hier, on a eu l’arrivée de 30 personnes originaires d’Afrique de l’Est, dont quelques Congolais, avec une suspicion car ils étaient fatigués, mais à ce stade on n’a pas identifié de voyage avec une durée aussi courte. » Mais puisqu’un risque demeure, un dispositif de veille sanitaire et de prévention a été mis en place en lien avec l’ARS. « On est en train de travailler très activement à une capacité de montée en puissance si d’aventure nous étions touchés par ce risque« , assure Frédéric Poisot. Concernant l’équipement des forces de l’ordre, alors qu’un syndicat policier a dénoncé l’absence de moyens de protection, « à ce stade, des masques, des gants sont, nous disent les autorités de santé, suffisants« , mais « nous sommes en cours de réflexion avec le ministère de la Santé pour voir comment le cas échéant monter d’un cran.« 

Pas de création de camp de migrants

Même engagement en matière de lutte contre l’immigration clandestine : le préfet explique « réfléchir à adapter » le dispositif de contrôle en mer face à la menace d’Ebola, mais surtout face « aux capacités d’adaptation » des passeurs. Alors que son prédécesseur, François-Xavier Bieuville, avait évoqué la possibilité de créer un camp de migrants plus digne que celui, informel, à Tsoundzou, le nouveau préfet réfute net : « à ce stade, aucune décision n’est prise dans un sens de création de camp de migrants et de toute façon cette décision ne serait pas prise sans concertation avec les élus.« 

Pour résoudre cette situation, 1.500 personnes originaires d’Afrique de l’Est vivant dans des conditions indignes, Frédéric Poisot précise avoir demandé aux forces de l’ordre de renforcer les contrôles aux abords du camp. « J‘ai constaté moi-même qu’une organisation commençait à naître où certains venaient pour les conduire« , précise-t-il. Dans un arrêté préfectoral le 11 février, la préfecture avait notamment interdit le stationnement sur une partie de la chaussée, relevant que le stationnement des nombreux taxis motos gênait le chantier de la station d’épuration.

De nombreux résidents du camp étant des demandeurs d’asile, « il nous faut renforcer nos capacités de traitement des dossiers de demande d’asile, ce que je suis en train de faire, afin de pouvoir donner l’asile à ceux qui sont éligibles, ce n’est pas une majorité, et débouter ceux qui ne le sont pas. » En 2024, cela représentait par exemple 1.653 demandes d’asile accordées sur le territoire pour 2.640 décisions rendues, dont près de 1.250 demandes déposées par des Congolais. Il faudra pour cela négocier avec le ministère de l’Intérieur, autorité de tutelle de l’Ofpra, l’office français de protection des réfugiés et des apatrides.

Travailler à une « juste facturation » de l’eau

Alors qu’un durcissement des tours d’eau doit être annoncé prochainement, le nouveau représentant de l’État veut s’attaquer à la problématique de la facturation de l’eau, qui relève de la SMAE, délégataire du LEMA, le syndicat des Eaux. « On va travailler à un plan de mise en place de compteurs statistiques qui permettront d’avoir une juste facturation« , assure Frédéric Poisot. « Il y a des fuites après compteur, qui sont un véritable problème, il y a des travaux de réparation qui vont être engagés assez vite. » Reste à savoir avec quelles modalités, les fuites d’eau après compteur, quand elles sont identifiées, relèvent de la responsabilité du propriétaire ou du locataire du logement, puisqu’elles concernent les installations privées de l’abonné.

« Je rappelle que c’est 60% de perte d’eau sur le territoire« , ajoute le préfet. Néanmoins, ce chiffre semble être celui du taux de distribution, les fuites de l’eau étant plutôt de l’ordre de 30% à 40%, selon les acteurs locaux de l’eau comme l’Office de l’eau et le syndicat des Eaux de Mayotte. Le préfet s’engage également à « soutenir financièrement le LEMA pour acheter des cubes et équiper toutes les écoles qui nécessitent des cuves à eau« , d’ici la rentrée scolaire. Un inventaire est attendu pour le 4 juin, date d’une rencontre avec les maires pour faire le point sur la refondation de Mayotte. « J’ai constaté qu’on avait n’avait pas toujours un alignement entre les informations dont disposent les maires et les services« , précise-t-il.

Écrit par: Mayottefm

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