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Mayotte : « Quel président peut oublier son peuple ? » demandent les barragistes

today20 février 2024

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Alors qu’Emmanuel Macron vient de se prononcer en faveur de la suppression du droit du sol à Mayotte, sur place, une cinquième semaine de mobilisation a débuté ce lundi. Les collectifs organisent des passages au compte-goutte aux barrages et comptent restés mobilisés jusqu’à l’obtention d’acte concret en matière de lutte contre l’insécurité

Des airs de retour – progressif – à la normale ce lundi matin à Mayotte. Dès 6h30 les barges, ces bateaux qui assurent les liaisons entre Petite-Terre et Grande-Terre avaient repris leurs rotations. Un rétablissement progressif et aléatoire puisque plusieurs trajets ont ensuite été supprimés, faute de personnel disponible, bloqué par les barrages.

Car si les barrières artisanales de Passamainty avaient hier disparu, elles étaient toujours bien présentes aux quatre coins de l’île : à Combani, Coconi, Tsararano ou encore Soulou. Sur place, les conditions de passages varient d’un point de blocage à l’autre, malgré une charte de bonne conduite éditée par les Forces Vives, ce collectif né au début du mouvement.

« Il y a des désaccords entre les Forces Vives et les vrais leaders des barrages : les barragistes » explique Eddy, 26 ans, infirmier et mobilisé dans l’ouest de l’île. Les porte-paroles des Forces Vives avaient en effet annoncé la levée des barrages temporaire vendredi dernier avant que la base ne décide le contraire notamment pour marquer leur soutien aux deux barragistes condamnés à quatre ans de prison pour avoir organisé l’attaque de la gendarmerie de Sada, fin janvier.

Autre raison de la poursuite de la mobilisation, l’absence de réponse en matière d’insécurité. « On veut que l’État déploie plus de vrais moyens sécuritaires car il y a trop d’agressions », déplore encore Eddy qui n’a travaillé que deux jours le mois dernier en raison de la mobilisation.

« Moi ça va, je suis fonctionnaire je serai payé quand même, mais on sait que les petites entreprises souffrent vraiment. Mais si on lève les barrages avant d’obtenir ce qu’on demande, on a trop peur d’une démobilisation de la population » conclut-il.

À ses côtés, ivre, un autre homme s’improvise garde-barrière et interpelle ceux qui tenteraient de soulever l’immense bambou en travers de la route sans son accord.

« En vrai, on fait des exceptions, on laisse passer quand on voit que c’est vraiment urgent » modère Eddy. L’objectif, éviter à tout prix le drame de 2011, où les manifestations avaient coûté la vie à une personne.

– Des barrages plus ouverts mais une mobilisation ferme –

« Écrivez bien en rouge : le barrage de Coconi est ouvert mais la mobilisation est là » tonne Marie, mère de famille de Coconi. Ici, six femmes surveillent le barrage – une carcasse de voiture et un amas de bois – tout en laissant passer sans demande préalable les conducteurs.

 

Comme de nombreux Mahorais, elle demande d’abord « une vie normale : pouvoir rentrer après 18h, ne plus craindre que les bus de nos enfants se fassent caillasser ». Elle porte un t-shirt en soutien aux deux barragistes condamnés mais assure qu’ils n’étaient pour rien dans l’attaque de la gendarmerie.

« Là c’est allé vite mais nous, quand on porte plainte, nous n’avons jamais de nouvelles. Et quand les délinquants sont arrêtés, ils sont toujours mineurs ou malades psychiatriques, ce n’est pas possible » croit-elle savoir. En lisant les déclarations d’Emmanuel Macron sur le droit du sol, elle affirme « attendre de voir du concret et s’interroge : j’ai voté pour lui, mais lui, comment a-t-il pu oublier son peuple ? ».

Un peu plus loin, à la sortie de Combani, des carcasses de voiture brûlées coupent complétement l’accès et il n’y a aucun représentant des militants pour assurer la circulation.

« Je suis allée faire réparer mes lunettes et je ne peux plus rentrer chez moi » déplore Ibrahim, 52 ans. À ses côtés, les agents de la SIDEVAM 976, l’organisme de collecte des déchets, s’impatiente : le camion d’ordures est plein mais il ne peut absolument pas circuler.

Par chance, un autre camion de la compagnie, équipé d’une grue, arrive de l’autre côté du barrage et les agents s’activent à rétablir la circulation en dégageant le passage avec l’aide de la population. Chanoor Cassam, le directeur général de SIDEVAM 976, assure que la volonté est forte de reprendre la main sur la collecte. Habituellement, 200 à 250 tonnes de déchets sont collectés à Mayotte, mais la situation a été bloquée pendant deux semaines.

« On estime qu’il faudrait entre deux et quatre semaines une fois les barrages levés pour un retour complet à la normale » précise-t-il. Et pour cause, si certains agents ont pu assurer leurs missions, d’autres camions ont été bloqués aux barrages de M’tsangamouji.

Ce lundi, la ministre déléguée aux Outre-mer, Marie Guévenoux, s’est entretenue avec les élus mahorais et annonce un démantèlement dans les prochains jours du Camp de Cavani, où se trouvent plusieurs centaines de migrants originaires de l’Afrique des Grands Lacs et contesté par une partie de la population.

Le ministère annonce aussi la préparation d’un plan Wuambushu 2 qui sera confié au nouveau préfet François-Xavier Bieuville, dont l’entrée en fonction est prévue le 24 février prochain. Elle n’a, pour l’heure, pas annoncé l’instauration de l’état d’urgence, une mesure pourtant réclamée par les manifestants.

Écrit par: Mayottefm

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